EDOUARD VUILLARD (1868-1940)
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EDOUARD VUILLARD (1868-1940)

Les Lilas

Details
EDOUARD VUILLARD (1868-1940)
Les Lilas
avec le cachet de l'atelier 'E Vuillard' (en bas à droite; Lugt 2497a)
peinture à la colle sur toile
240 x 154.3 cm. (94.1.2 x 60¾ in.)
Peint vers 1899-1900; retravaillé par l'artiste en 1908
Provenance
Prince Emmanuel Bibesco, Paris (acquis auprès de l'artiste, vers 1900).
Prince Antoine Bibesco, Paris (par descendance).
Edouard Vuillard, Paris (acquis auprès de celui-ci, octobre 1918).
Pierre Roussel, L'Etang-la-Ville (par descendance).
Galerie Bellier, Paris (acquis auprès de celui-ci, 1983).
Acquis auprès de celle-ci par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.
Literature
A. Segard, Peintres d'aujourd'hui. Les décorateurs, Paris, 1914, vol. II, p. 286.
G. Besson, La peinture française au XXeme siècle, Paris, 1949, vol. I, fig. 21 (illustré; titré 'Panneau décoratif').
J. Wilson Bareau, "Edouard Vuillard et les princes Bibesco", in Revue de l'Art, no. 74, 1986, pp. 39, 43 et 46 (illustré, figs. 18-19).
G. Groom, Edouard Vuillard: Painter-Decorator. Patrons and Projects 1892-1912, Milan, 1993, pp. 139, 150-153, 156, 158 et 163-164 (illustré, figs. 238 et 240).
A. Salomon et G. Cogeval, Vuillard, le regard innombrable: Catalogue critique des peintures et pastels, Paris, 2003, vol. I, p. 522, no. VI-102 (illustré en couleur).
Exhibited
Essen, Neo-Impressionisten, février-avril 1905, no. 109.
Paris, Galerie Bernheim-Jeune, Vuillard, panneaux décoratifs, pastels, portraits, peintures à l'huile, février 1908, no. 3.
Saint-Tropez, Musée de l'Annonciade, Misia, juillet-octobre 1996, p. 67 (illustré en couleur; titré 'Misia dans son jardin'; daté 'vers 1898').
Florence, Palazzo Corsini et Montréal, Musée des Beaux-Arts, Le Temps des Nabis, mars-novembre 1998, p. 194, no. 101 (illustré en couleur, p. 137).
Special Notice
No VAT will be charged on the hammer price, but VAT payable at 19.6% (5.5% for books) will be added to the buyer’s premium which is invoiced on a VAT inclusive basis ''For lots subject to the artist''s resale right, and marked with the ''Artist''s Resale Right symbol'' will collect from the buyer, on behalf of and in the name of the seller, a sum equal to the resale right payable on the lot. Christie''s will pay this sum on to the collecting agency, or if applicable, directly to the artist.''
Further Details
'THE LILACS'; WITH THE ATELIER STAMP LOWER RIGHT; PEINTURE A LA COLLE ON CANVAS.


Les Lilas belongs to the cycle of great decorative works painted by the Nabi artist throughout his career. Created during the winter of 1899-1900, Les Lilas was acquired around 1900 by Prince Emmanuel Bibesco. In 1908 it was returned to Vuillard for reworking, perhaps to harmonise it with two other paintings, L'Allée (Musée d'Orsay, Paris) and La Meule (Musée des Beaux-Arts, Dijon), commissioned by the Prince in 1907. The three works were presented under the title Panneaux décoratifs during Vuillard's first personal exhibition at the Galerie Bernheim-Jeune in 1908.

Les Lilas underwent significant revision by the painter in 1908. In the original version the Swiss painter Félix Vallotton can be seen in the background at left, while standing to the right in the foreground is Misia, wife of Thadée Natanson, the founder of La Revue Blanche. Misia was pervasive in the work of the artist at this time, appearing in most of his great decorative panels. Vuillard was a close friend of this couple who played such a major role in the history of French symbolism. For whatever reason, Vuillard later removed the figure of his Helvetian friend and replaced it with two indistinct characters. Nonetheless, he retains the appearance of the elegant Misia, immediately recognisable from the loose-fitting checked dress she is seen wearing in other well known works by the artist, including Misia et Vallotton à Villeneuve of 1899 (Salomon and Cogeval, no. VI-71).

Although it has Art Nouveau overtones, the style of this decorative panel reveals clear traces of impressionist influence. The painter freely expresses his feeling for nature, rendering the profusion of golden petals with coloured strokes lingering in the undergrowth. The three figures literally blend into a tapestry of plants and flowers. Seemingly engaged in a game of hide-and-seek, we glimpse their bodies in mid-flight, showing Vuillard's interest in the immediacy of photography. Through its entertaining and highly decorative character, this work echoes the large-scale compositions created during the same period by Maurice Denis, including Jeu de volant (Musée d'Orsay, Paris), which depicts diaphanous figures frolicking in an idealised natural setting, a sort of arcadia.

Vuillard, on the other hand, rejects symbolism for a realism that draws on his observation of the intimate world of family life. Here, he brings us a work that demonstrates the uniqueness of his artistic temperament, the subjects close to his heart, as well as an ability to envisage painting as an ornamental element capable of evoking different atmospheres. In the years that followed, Vuillard would create other important decorative compositions, sometimes related to modern architecture as in the case of the decorative panels in the Bar de la Comédie at the Théâtre des Champs-Elysées in Paris.

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Lot Essay

Cette composition d'Edouard Vuillard appartient au cycle des grands panneaux décoratifs peints par l'artiste Nabi au cours de sa carrière. Réalisée durant l'hiver 1899-1900, cette oeuvre fut acquise vers 1900 par le Prince Emmanuel Bibesco, qui la rendit à Vuillard en 1908 afin qu'il la retravaillât dans un souci, peut-être, d'harmonisation avec deux autres toiles, L'Allée (Musée d'Orsay, Paris) et La Meule (Musée des Beaux-Arts, Dijon), que le mécène avait commandé à l'artiste en 1907. Elles furent toutes les trois présentées sous le titre de Panneaux décoratifs lors de la première exposition personnelle de Vuillard à la Galerie Bernheim-Jeune en 1908.

Les Lilas furent considérablement remaniés par le peintre en 1908. Dans sa première version, il avait représenté à l'arrière-plan à gauche son ami le peintre suisse, Félix Vallotton, et, au premier plan à droite, Misia, l'épouse du fondateur de La Revue Blanche, Thadée Natanson. Cette dernière est d'ailleurs omniprésente dans l'oeuvre de l'artiste à cette époque, peuplant la plupart de ses grands panneaux décoratifs. Vuillard était l'un des hôtes familiers de ce couple d'esthètes qui joua un rôle majeur dans l'histoire du symbolisme français. Quoi qu'il en soit, Vuillard ôta la figure de son ami helvète, la remplaçant par deux personnages imprécis. Il conserva néanmoins la physionomie de l'élégante Misia, très reconnaissable par l'ample robe à carreaux qu'elle porte également dans d'autres toiles célèbres de l'artiste, notamment Misia et Vallotton à Villeneuve de 1899 (Salomon et Cogeval, no. VI-71).

Ce vaste panneau décoratif d'allure Art Nouveau se rattache néanmoins par son style à l'héritage impressionniste. Le peintre y exprime librement son sentiment de la nature en travaillant la profusion des pétales dorés comme autant de touches de couleurs dispensées dans les airs du sous-bois. Les trois figures se fondent littéralement dans la tapisserie végétale et fleurie. Semblant se livrer à une partie de cache-cache, elles ne donnent à voir que le balancement de leur corps saisi au vol, révélant l'intérêt de Vuillard pour l'instantanéité photographique. Par son caractère ludique et fortement décoratif, cette oeuvre fait écho aux vastes compositions réalisées à la même période par Maurice Denis, dont Jeu de volant (Musée d'Orsay, Paris) qui met en scène des personnages diaphanes jouant dans le cadre d'une nature idéalisée.
Vuillard, quant à lui, avait refusé ce symbolisme au profit d'un réalisme nourri par son observation de l'univers intimiste de la vie familiale. Il livre ici une oeuvre qui montre la singularité de son tempérament et de ses thèmes de prédilection, ainsi que son aptitude à envisager la peinture comme un élément ornemental créateur d'une atmosphère. Dans les années suivantes, Vuillard livrera d'autres compositions décoratives importantes, parfois liées à l'architecture moderne comme les panneaux décoratifs qui ornent le Bar de la Comédie au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris.

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