Lot Essay
Bien que nous ne connaissions que peu de choses de la vie et de l’œuvre de Léonard Limosin (1505-1575), il reste l’un des émailleurs les plus célèbres de la Renaissance. Son immense renommée provient non seulement de l’originalité de son travail, caractérisée par des choix de sujets novateurs, mais aussi de la complexité de ses compositions et de sa maitrise unique de la couleur
Nous supposons que l’artiste effectua sa formation dans l’atelier de Leonard Pénicaud (1470-1543). Il fut par la suite très rapidement présenté à la cour de France par l’un de ses premiers grand mécène, Jean de Langeac, évêque de Limoges (mort en 1541). Ses liens avec la cour de François Ier remontent avec certitude à l’année 1536, où il exécuta un premier portrait daté et connu en émail de l’un des membres de la famille royale : celui d’Eléonore d’Autriche, seconde épouse du Roi.
A la cour, sa carrière est florissante. Influencé par l’école de François Clouet (1520-1572), il peint de nombreux portraits royaux et en 1545, François Ier lui commande une suite de douze plaques représentant les apôtres, aujourd’hui conservée à Chartres. En 1548 il est nommé Emailleur du Roi. Cinq ans plus tard, Henri II lui commande pour la Sainte-Chapelle deux retables en émail mesurant plus d’un mètre de haut représentant la Crucifixion et la Résurrection, aujourd’hui conservées au Louvre (MR 208 1). Elles restent à ce jour ses œuvres les plus ambitieuses et probablement les plus connues.
Notre Christ est ici représenté de profil dans la grande tradition des portraits gréco-romains. Bien qu’inhabituelle, cette représentation témoigne de la sublime qualité du travail de Limosin, tant dans sa conception que dans son exécution, en respectant les codes et le goût de son époque. Il est à rapprocher de certaines de ses œuvres signées telle que la plaque provenant de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé (Christie’s, Paris, 23-25 février 2009, lot 558.). Tout comme notre lot, elle associe un style très esquissé notamment dans le travail de la chevelure et des drapés ainsi qu’une réelle attention aux détails notamment sur les traits du visage. L’utilisation très sophistiquée de la couleur est l’une des caractéristiques du style de Limosin. Elle souligne très subtilement le modelé et le grain de la peau, du nez ainsi que des joues. Il est possible que cet émail ait été la pièce maitresse d’un retable privé, ou portatif, ou bien faisait partie d’une série composée d’autres portraits de Saints, imaginée pour décorer l’intérieur d’une pièce ou d’une chapelle.
Une plaque similaire représentant le profil du Salvator Mundi sous une arcature décorée de guirlandes est dans la collection du Musée des Beaux Arts de Dijon (ill., inv. G. 334).
Despite the fact that few documents survive regarding the life and work of Leonard Limosin (1505-1575), he was perhaps the best-known enameller of the French Renaissance. His widespread acclaim was the direct result of the originality of his work, which is characterized by the innovative choice of his subjects, skill of his compositions and unique sense of colour. Depicting the profile of Christ in the tradition of ancient Greek and Roman portraiture, the present plaque attests to the sublime quality of Limosin’s work in enamel, both in its design and execution, as well as in its adherence to the latest fashions of Renaissance France.
Limosin is thought to have received his early training in the workshop of Léonard Pénicaud (1470-1543), but was soon introduced to the French court by his early patron Jean de Langeac, Bishop of Limoges (died 1541). His association to the court of François I can be traced to at least 1536, when he painted his earliest known dated enamel portrait of a member of the French royal family, Eleanor of Austria, the second wife of François I. At court, Limosin’s career flourished. Influenced by the school of François Clouet, he painted numerous enamel portraits of members of the French aristocracy, and in 1545 François I commissioned him to produce a suite of 12 large enameled plaques of the Apostles which are today at Chartres. In 1548 he was appointed Emailleur du Roi, and in 1553 he received a commission from Henri II for two enamel altarpieces each more than one metre in height representing the Crucifixion and the Resurrection for the Sainte-Chapelle, Paris, now in the Musée du Louvre (MR 208 1). These are perhaps his most ambitious and best-known works.
Although the depiction of Christ in profile format is unusual in Limosin's oeuvre, the refined painting style is entirely consistent with his signed works, such as the circular plaque of Christ previously in the Collection of Yves Saint Laurent and Pierre Bergé, which similarly combines a loose painting style to the hair and garments with a more refined attention to detail in the face (see Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Christie’s Paris, Feb. 23, 2009 – Feb. 25, 2009, lot 558). The sophisticated use of colour is one of the hallmarks of Limosin's style, and is used here to incredible effect to create the extremely subtle modelling of the skin around Christ's temples, nose and cheeks. One can imagine the present enamel as either the centerpiece or part of a private or travelling altarpiece (perhaps alongside an accompanying profile portrait of the Virgin), or as part of a series including other saints, created to decorate the interior of a room or chapel.
A closely related plaque depicting the profile of the Salvator Mundi in an arcature hung with garlands is in the collection of the Musée des Beaux Arts, Dijon (G.334 illustrated).
Nous supposons que l’artiste effectua sa formation dans l’atelier de Leonard Pénicaud (1470-1543). Il fut par la suite très rapidement présenté à la cour de France par l’un de ses premiers grand mécène, Jean de Langeac, évêque de Limoges (mort en 1541). Ses liens avec la cour de François Ier remontent avec certitude à l’année 1536, où il exécuta un premier portrait daté et connu en émail de l’un des membres de la famille royale : celui d’Eléonore d’Autriche, seconde épouse du Roi.
A la cour, sa carrière est florissante. Influencé par l’école de François Clouet (1520-1572), il peint de nombreux portraits royaux et en 1545, François Ier lui commande une suite de douze plaques représentant les apôtres, aujourd’hui conservée à Chartres. En 1548 il est nommé Emailleur du Roi. Cinq ans plus tard, Henri II lui commande pour la Sainte-Chapelle deux retables en émail mesurant plus d’un mètre de haut représentant la Crucifixion et la Résurrection, aujourd’hui conservées au Louvre (MR 208 1). Elles restent à ce jour ses œuvres les plus ambitieuses et probablement les plus connues.
Notre Christ est ici représenté de profil dans la grande tradition des portraits gréco-romains. Bien qu’inhabituelle, cette représentation témoigne de la sublime qualité du travail de Limosin, tant dans sa conception que dans son exécution, en respectant les codes et le goût de son époque. Il est à rapprocher de certaines de ses œuvres signées telle que la plaque provenant de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé (Christie’s, Paris, 23-25 février 2009, lot 558.). Tout comme notre lot, elle associe un style très esquissé notamment dans le travail de la chevelure et des drapés ainsi qu’une réelle attention aux détails notamment sur les traits du visage. L’utilisation très sophistiquée de la couleur est l’une des caractéristiques du style de Limosin. Elle souligne très subtilement le modelé et le grain de la peau, du nez ainsi que des joues. Il est possible que cet émail ait été la pièce maitresse d’un retable privé, ou portatif, ou bien faisait partie d’une série composée d’autres portraits de Saints, imaginée pour décorer l’intérieur d’une pièce ou d’une chapelle.
Une plaque similaire représentant le profil du Salvator Mundi sous une arcature décorée de guirlandes est dans la collection du Musée des Beaux Arts de Dijon (ill., inv. G. 334).
Despite the fact that few documents survive regarding the life and work of Leonard Limosin (1505-1575), he was perhaps the best-known enameller of the French Renaissance. His widespread acclaim was the direct result of the originality of his work, which is characterized by the innovative choice of his subjects, skill of his compositions and unique sense of colour. Depicting the profile of Christ in the tradition of ancient Greek and Roman portraiture, the present plaque attests to the sublime quality of Limosin’s work in enamel, both in its design and execution, as well as in its adherence to the latest fashions of Renaissance France.
Limosin is thought to have received his early training in the workshop of Léonard Pénicaud (1470-1543), but was soon introduced to the French court by his early patron Jean de Langeac, Bishop of Limoges (died 1541). His association to the court of François I can be traced to at least 1536, when he painted his earliest known dated enamel portrait of a member of the French royal family, Eleanor of Austria, the second wife of François I. At court, Limosin’s career flourished. Influenced by the school of François Clouet, he painted numerous enamel portraits of members of the French aristocracy, and in 1545 François I commissioned him to produce a suite of 12 large enameled plaques of the Apostles which are today at Chartres. In 1548 he was appointed Emailleur du Roi, and in 1553 he received a commission from Henri II for two enamel altarpieces each more than one metre in height representing the Crucifixion and the Resurrection for the Sainte-Chapelle, Paris, now in the Musée du Louvre (MR 208 1). These are perhaps his most ambitious and best-known works.
Although the depiction of Christ in profile format is unusual in Limosin's oeuvre, the refined painting style is entirely consistent with his signed works, such as the circular plaque of Christ previously in the Collection of Yves Saint Laurent and Pierre Bergé, which similarly combines a loose painting style to the hair and garments with a more refined attention to detail in the face (see Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Christie’s Paris, Feb. 23, 2009 – Feb. 25, 2009, lot 558). The sophisticated use of colour is one of the hallmarks of Limosin's style, and is used here to incredible effect to create the extremely subtle modelling of the skin around Christ's temples, nose and cheeks. One can imagine the present enamel as either the centerpiece or part of a private or travelling altarpiece (perhaps alongside an accompanying profile portrait of the Virgin), or as part of a series including other saints, created to decorate the interior of a room or chapel.
A closely related plaque depicting the profile of the Salvator Mundi in an arcature hung with garlands is in the collection of the Musée des Beaux Arts, Dijon (G.334 illustrated).