Lot Essay
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Madame Yseult Riopelle. Un certificat d'authenticité sera remis à l'acquéreur.
« Pour moi l’unique référence, c’est la nature. La liberté n’existe que là, et en même temps la plus forte contrainte. Un arbre ne peut pousser que d’une seule façon. Il n’y a pas de façon tragique, ou élégiaque, ou joyeuse d’être un arbre. Il n’y a que la façon juste. »
Jean Paul Riopelle
La peinture de Jean Paul Riopelle est empreinte de matérialité. Maniant le couteau, avec lequel il apposait la peinture directement sortie du tube, l’artiste remplie ainsi la toile à ras bord. Dans La Crau, tout est peinture. Les repères spatiaux-temporels disparaissent au profit d’une pâte picturale généreuse, dégageant une intense présence physique. Véritable explosion lyrique, La Crau est ainsi composée d’impastos aux tons tantôt rouge, ocre, vert ou bleu, feux follets de couleur séparés de brillants aplats de blanc. On y retrouve ainsi les couleurs de la commune éponyme du Var dont le tableau porte le nom. Les tuiles des toits de maison, le bleu du ciel méditerranéen, ainsi que la steppe de la Crau sont abstraits par Riopelle, qui réalisera de tels paysages au gré de ses voyages en France, aux Etats-Unis ou au Canada.
Le milieu des années 50 marque un tournant décisif dans la carrière de Riopelle. Célébré à Paris, l’artiste perce aussi à New York, introduit dans le cadre d’une exposition de groupe au Guggenheim, Younger European Painters – A selection, puis par une importante exposition personnelle à la galerie Pierre Matisse en 1954. Aux côtés des abstract expressionnists américains, la comparaison s’impose avec Jackson Pollock. Ce parallèle révèle néanmoins les différences fondamentales dans la pratique des deux peintres. « Pollock travaille la ligne […] Riopelle travaille avec la couleur ; il compose des fugues de forets par morceaux de couleur. Et bien sur, il peint, il ne tisse pas la couleur à travers ses doigts. Par conséquent, ses rythmes sont bien différents de ceux de Pollock, moins somatiques, enroulés, lancés. » James Fitzsimmons, “Arts”, Arts and Architecture, New York, Vol LXXI, n1, janvier 1954, p 29.
“For me, the one reference is nature. Freedom only exists in nature, all the while the strongest of constraints. A tree can only grow one way. There is no tragic or elegiac way to be a tree. There is only the right way.”Jean Paul Riopelle
Jean Paul Riopelle’s painting is imbued with materiality. Wielding a knife, with which he applied paint straight from the tube, the artist filled his canvas to the very edges. In La Crau, everything is paint. Spatial-temporal points of reference disappear in favour of a generous pictorial paste that exudes an intense physical presence. A true lyrical explosion, La Crau is composed of impastos that are red, ochre, green, blue... colourful will-o’-the-wisps separated by shiny blocks of white. The work includes the colours of the eponymous town in the Var region after which the painting is named. The roof tiles of the houses, the blue of the Mediterranean sky and the steppe of La Crau are abstracted by Riopelle, who produced such landscapes over the course of his travels in France, the United States and Canada.
The mid-1950s were a turning point in Riopelle’s career. The artist was celebrated in Paris and made an impression in New York, having been introduced in a group exhibition at the Guggenheim, Younger European Painters – A Selection. He was also featured in an important personal show at Pierre Matisse’s gallery in 1954. Alongside the American abstract expressionists, he would inevitably be compared to Jackson Pollock. Nevertheless, that parallel reveals fundamental differences in the practices of the two painters. “Pollock works with line […] Riopelle works with colour; he composes forest fugues with wedges of colour. And, of course, he paints, he does not weave colour through his fingers. As a result, his rhythms are entirely different from Pollock’s: less somatic, coiling, darting.” James Fitzsimmons, “Arts”, Arts and Architecture, New York, Vol. LXXI, n1, January 1954, p. 29
« Pour moi l’unique référence, c’est la nature. La liberté n’existe que là, et en même temps la plus forte contrainte. Un arbre ne peut pousser que d’une seule façon. Il n’y a pas de façon tragique, ou élégiaque, ou joyeuse d’être un arbre. Il n’y a que la façon juste. »
Jean Paul Riopelle
La peinture de Jean Paul Riopelle est empreinte de matérialité. Maniant le couteau, avec lequel il apposait la peinture directement sortie du tube, l’artiste remplie ainsi la toile à ras bord. Dans La Crau, tout est peinture. Les repères spatiaux-temporels disparaissent au profit d’une pâte picturale généreuse, dégageant une intense présence physique. Véritable explosion lyrique, La Crau est ainsi composée d’impastos aux tons tantôt rouge, ocre, vert ou bleu, feux follets de couleur séparés de brillants aplats de blanc. On y retrouve ainsi les couleurs de la commune éponyme du Var dont le tableau porte le nom. Les tuiles des toits de maison, le bleu du ciel méditerranéen, ainsi que la steppe de la Crau sont abstraits par Riopelle, qui réalisera de tels paysages au gré de ses voyages en France, aux Etats-Unis ou au Canada.
Le milieu des années 50 marque un tournant décisif dans la carrière de Riopelle. Célébré à Paris, l’artiste perce aussi à New York, introduit dans le cadre d’une exposition de groupe au Guggenheim, Younger European Painters – A selection, puis par une importante exposition personnelle à la galerie Pierre Matisse en 1954. Aux côtés des abstract expressionnists américains, la comparaison s’impose avec Jackson Pollock. Ce parallèle révèle néanmoins les différences fondamentales dans la pratique des deux peintres. « Pollock travaille la ligne […] Riopelle travaille avec la couleur ; il compose des fugues de forets par morceaux de couleur. Et bien sur, il peint, il ne tisse pas la couleur à travers ses doigts. Par conséquent, ses rythmes sont bien différents de ceux de Pollock, moins somatiques, enroulés, lancés. » James Fitzsimmons, “Arts”, Arts and Architecture, New York, Vol LXXI, n1, janvier 1954, p 29.
“For me, the one reference is nature. Freedom only exists in nature, all the while the strongest of constraints. A tree can only grow one way. There is no tragic or elegiac way to be a tree. There is only the right way.”Jean Paul Riopelle
Jean Paul Riopelle’s painting is imbued with materiality. Wielding a knife, with which he applied paint straight from the tube, the artist filled his canvas to the very edges. In La Crau, everything is paint. Spatial-temporal points of reference disappear in favour of a generous pictorial paste that exudes an intense physical presence. A true lyrical explosion, La Crau is composed of impastos that are red, ochre, green, blue... colourful will-o’-the-wisps separated by shiny blocks of white. The work includes the colours of the eponymous town in the Var region after which the painting is named. The roof tiles of the houses, the blue of the Mediterranean sky and the steppe of La Crau are abstracted by Riopelle, who produced such landscapes over the course of his travels in France, the United States and Canada.
The mid-1950s were a turning point in Riopelle’s career. The artist was celebrated in Paris and made an impression in New York, having been introduced in a group exhibition at the Guggenheim, Younger European Painters – A Selection. He was also featured in an important personal show at Pierre Matisse’s gallery in 1954. Alongside the American abstract expressionists, he would inevitably be compared to Jackson Pollock. Nevertheless, that parallel reveals fundamental differences in the practices of the two painters. “Pollock works with line […] Riopelle works with colour; he composes forest fugues with wedges of colour. And, of course, he paints, he does not weave colour through his fingers. As a result, his rhythms are entirely different from Pollock’s: less somatic, coiling, darting.” James Fitzsimmons, “Arts”, Arts and Architecture, New York, Vol. LXXI, n1, January 1954, p. 29