Lot Essay
Gouache 109 x 76 cm, 1952 porte en elle une énigme. A ce titre, elle est nommément citée dès l’avant-propos du catalogue raisonné des peintures de Pierre Soulages par Pierre Encrevé : « Un cas particulier est illustré par la gouache sur papier 109 x 76 cm, 1952. La date est portée en bas à droite, à côté de la signature qui est précédée d’une dédicace. En réalité, cette gouache a été réalisée en 1948, et la date qu’elle porte fut attribuée par Soulages au moment où il l’a dédicacée, signée et donnée à Charles Estienne. » (P. Encrevé, Soulages – l’œuvre complet, peintures, I. 1946-1959, Paris, 1994, p. 12).
Son intérêt réside également dans son format : Gouache 109 x 76 cm, 1952 fait partie des papiers de grande taille réalisés par Pierre Soulages entre la fin des années 1940 et le début des années 1950. Elle s’inscrit dans une période charnière de la trajectoire de l’artiste : on y trouve encore les traits étroits de peinture mate qui caractérisaient les œuvres de la fin des années 1940, mais on y voit aussi de plus larges aplats d’un jus plus dilué, engendrant des jeux de transparence qui seront au cœur du travail de l’artiste dans la décennie qui suivra.
Historiquement importante, Gouache 109 x 76 cm, 1952 l’est enfin en raison de celui qui fut son premier propriétaire, et à qui l’œuvre est dédicacée : Charles Estienne. Eminent critique des années d’après-guerre, spécialiste de la peinture abstraite, Estienne aura été l’un des premiers à défendre le travail de Soulages, déclarant ainsi dans Combat, en 1949 : « Un graphisme simple, viril, presque rude, des harmonies sombres et chaudes, un sens naturel de la pâte et des possibilités spécifiques de la peinture à l'huile, et surtout peut-être, un son à la fois humain et concret, voilà l'apport de Soulages à la peinture abstraite actuelle. »
Gouache 109 x 76 cm, 1952 contains an enigma, described as follows by Pierre Encrevé in the introduction to the catalogue raisonné of Pierre Soulages' paintings: "A particular case is illustrated by the gouache on paper 109 x 76 cm, 1952. The date is shown on the bottom right beside the signature, preceded by a dedication. In fact, this gouache was painted in 1948, and the date it indicates was given to it by Soulages when he dedicated, signed and gave it to Charles Estienne." (P. Encrevé, Soulages – l’œuvre complet, peintures, I. 1946-1959, Paris, 1994, p. 12).
It is also interesting because of its format: Gouache 109 x 76 cm, 1952 is one of the large works on paper Soulages produced between the late Forties and early Fifties. It belongs to a pivotal period in the artist's career, where we still find the narrow lines of matt paint typical of his late Forties style, but also larger areas of solid colour in a more diluted version, creating the play with transparency central to the artist's work in the following decade.
Gouache 109 x 76 cm, 1952 also has historical importance because of the person who first opened it and to whom it is dedicated: Charles Estienne. An eminent critic in the post-war years and a specialist in abstract painting, Estienne was one of the first to champion the work of Soulages. In Combat, in 1949, he wrote: "A simple, virile, almost rough graphic style, with dark, warm harmonies, a natural feeling for the substance and possibilities specific to oil paint, and perhaps above all, a resonance that is both human and concrete: this is what Soulages contributes to today's abstract painting."
Son intérêt réside également dans son format : Gouache 109 x 76 cm, 1952 fait partie des papiers de grande taille réalisés par Pierre Soulages entre la fin des années 1940 et le début des années 1950. Elle s’inscrit dans une période charnière de la trajectoire de l’artiste : on y trouve encore les traits étroits de peinture mate qui caractérisaient les œuvres de la fin des années 1940, mais on y voit aussi de plus larges aplats d’un jus plus dilué, engendrant des jeux de transparence qui seront au cœur du travail de l’artiste dans la décennie qui suivra.
Historiquement importante, Gouache 109 x 76 cm, 1952 l’est enfin en raison de celui qui fut son premier propriétaire, et à qui l’œuvre est dédicacée : Charles Estienne. Eminent critique des années d’après-guerre, spécialiste de la peinture abstraite, Estienne aura été l’un des premiers à défendre le travail de Soulages, déclarant ainsi dans Combat, en 1949 : « Un graphisme simple, viril, presque rude, des harmonies sombres et chaudes, un sens naturel de la pâte et des possibilités spécifiques de la peinture à l'huile, et surtout peut-être, un son à la fois humain et concret, voilà l'apport de Soulages à la peinture abstraite actuelle. »
Gouache 109 x 76 cm, 1952 contains an enigma, described as follows by Pierre Encrevé in the introduction to the catalogue raisonné of Pierre Soulages' paintings: "A particular case is illustrated by the gouache on paper 109 x 76 cm, 1952. The date is shown on the bottom right beside the signature, preceded by a dedication. In fact, this gouache was painted in 1948, and the date it indicates was given to it by Soulages when he dedicated, signed and gave it to Charles Estienne." (P. Encrevé, Soulages – l’œuvre complet, peintures, I. 1946-1959, Paris, 1994, p. 12).
It is also interesting because of its format: Gouache 109 x 76 cm, 1952 is one of the large works on paper Soulages produced between the late Forties and early Fifties. It belongs to a pivotal period in the artist's career, where we still find the narrow lines of matt paint typical of his late Forties style, but also larger areas of solid colour in a more diluted version, creating the play with transparency central to the artist's work in the following decade.
Gouache 109 x 76 cm, 1952 also has historical importance because of the person who first opened it and to whom it is dedicated: Charles Estienne. An eminent critic in the post-war years and a specialist in abstract painting, Estienne was one of the first to champion the work of Soulages. In Combat, in 1949, he wrote: "A simple, virile, almost rough graphic style, with dark, warm harmonies, a natural feeling for the substance and possibilities specific to oil paint, and perhaps above all, a resonance that is both human and concrete: this is what Soulages contributes to today's abstract painting."