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Vase à ailettes, vers 1928
细节
JEAN DUNAND (1877-1942)
Vase à ailettes, vers 1928
Dinanderie de maillechort laqué et maillechort / lacquered nickel silver dinanderie and nickel silver
H 24,5 cm / 9 5/8 in
Signé J DUNAND et numéroté 4713 au revers
Vase à ailettes, vers 1928
Dinanderie de maillechort laqué et maillechort / lacquered nickel silver dinanderie and nickel silver
H 24,5 cm / 9 5/8 in
Signé J DUNAND et numéroté 4713 au revers
来源
Galerie Vallois, Paris.
Collection privée, acquis auprès de cette dernière.
Collection privée, acquis auprès de cette dernière.
出版
Pour notre exemplaire :
F. Marcilhac, Jean Dunand. Vie et oeuvre, les éditions de l'amateur, Paris, 1991, p. 310, n. 1039.
F. Marcilhac, Jean Dunand. Vie et oeuvre, les éditions de l'amateur, Paris, 1991, p. 310, n. 1039.
注意事项
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VASE À AILETTES
C’est en 1928 au Salon des Tuileries que Jean Dunand présente pour la première fois un vase à ailette. L’œuvre, composée d’un vase tronqué d’un disque apposé en diagonale, fait alors sensation et est notamment saluée par le critique Yvanhoé Rambosson qui voit dans ses anneaux une référence à Saturne.
Rappelant les anneaux de cou que Dunand propose une année plus tôt, c’est pourtant au début des années 20 que l’on peut retracer l’origine de ces ailettes, ultime aboutissement de la géométrisation de ses décors : les carrés, triangles et cercles, autrefois en laque ou coquille d’œuf s’échappent ici des parois pour devenir une abstraction en trois dimensions. Le décor sur la laque, de fait devenu superflu, disparaît totalement au profit des seuls anneaux de métal qui rythment son œuvre.
Si le parallèle s’impose avec le Constructivisme élaboré par Gabo et Tatline à partir des années 10 - prônant une palette de couleur restreinte et des lignes pures métamorphosées par la maîtrise technique, à l’instar du Masque de Pevsner fait de cercles inscrits (1923) - Jean Dunand, résolument inclassable, a là encore une façon toute personnelle de s’imprégner de cette influence.
À l’inverse des russes, il n’a qu’un recours minimal à la machine qui selon lui laisse le métal sans vie et emploie ici tous ses talents de dinandier pour le corps du vase. La technique consiste à monter une pièce à partir d’une feuille de métal plat refermée sur elle-même, sans découpe d’aucune sorte, ni soudure ni rajout. La feuille est alors placée dans un billot de buis creux puis emboutie à l’aide d’un maillet par l’intérieur, jusqu’à lui donner la forme d’un bol. Puis cette forme est ensuite retournée et placée sur une potence pour être travaillée par petites frappes successives sur les parois extérieures et refermer le col progressivement. Le métal est régulièrement chauffé à rouge au fil de l’étape, chaque fois que nécessaire pour lui redonner son élasticité. Une fois la forme désirée obtenue, on atténue ou on accentue le modelé de la surface par l’opération dite de planage, selon l’effet décoratif voulu. Les anneaux découpés sont enfin soudés au corps du vase. On procède enfin à l’application d’une couche de laque, qu’il faudra encore cuire au four.
Véritable prouesse technique et éloge d’un savoir-faire parfaitement maîtrisé, la ligne très épurée de ce vase en fait un objet intemporel, tout aussi emblématique de son époque qu’éminemment contemporain.
À ce jour, on connaît seulement moins d’une dizaine de ces fameux vases à ailettes.
It was in 1928 at the Salon des Tuileries that Jean Dunand first presented a 'winged' vase. The work, consisting of a vase truncated by a diagonally affixed disc, caused a sensation at the time and was hailed in particular by the art critic Yvanhoé Rambosson, who saw in its rings a reference to Saturn.
Reminiscent of the neck rings that Dunand had created a year earlier, these wings only began to appear in his work from the early 1920s, as the ultimate culmination of the geometrisation of his designs: the squares, triangles and circles, once in lacquer or eggshell, escape the very walls of the vase here to become a three-dimensional abstraction. The decorations on the lacquer, which had in fact become superfluous, disappeared completely in favour of the simple metal rings now marking out his work.
While the Constructivism developed by Gabo and Tatline was establishing itself in parallel from the 1910s - advocating a restricted colour palette and pure lines transformed by technical mastery, as in Pevsner's Mask made of inscribed circles (1923) - Jean Dunand, impossible to pigeonhole, here again absorbed this influence in his own unique way.
Unlike the Russians, he made only minimal use of the machine which, in his opinion, left the metal lifeless, using instead here all his skills as a dinandier for the body of the vase. The technique consists in mounting a piece from a sheet of flat metal closed on itself, without cutting it in any way, soldering, or adding pieces together. The sheet is then placed in a block of hollow boxwood and stamped with a mallet from the inside to give it the shape of a bowl. This shape is then turned over and placed on a bracket to be worked by small successive strikes on the outer walls, closing the neck gradually. During this process, the metal is regularly heated to red-hot whenever necessary to restore its elasticity. Once the desired shape has been obtained, the so-called levelling operation attenuates or accentuates the surface moulding and pattern according to the decorative effect desired. After that the cut rings are welded to the body of the vase. Finally, a layer of lacquer is applied, which still needs to be baked in the kiln.
C’est en 1928 au Salon des Tuileries que Jean Dunand présente pour la première fois un vase à ailette. L’œuvre, composée d’un vase tronqué d’un disque apposé en diagonale, fait alors sensation et est notamment saluée par le critique Yvanhoé Rambosson qui voit dans ses anneaux une référence à Saturne.
Rappelant les anneaux de cou que Dunand propose une année plus tôt, c’est pourtant au début des années 20 que l’on peut retracer l’origine de ces ailettes, ultime aboutissement de la géométrisation de ses décors : les carrés, triangles et cercles, autrefois en laque ou coquille d’œuf s’échappent ici des parois pour devenir une abstraction en trois dimensions. Le décor sur la laque, de fait devenu superflu, disparaît totalement au profit des seuls anneaux de métal qui rythment son œuvre.
Si le parallèle s’impose avec le Constructivisme élaboré par Gabo et Tatline à partir des années 10 - prônant une palette de couleur restreinte et des lignes pures métamorphosées par la maîtrise technique, à l’instar du Masque de Pevsner fait de cercles inscrits (1923) - Jean Dunand, résolument inclassable, a là encore une façon toute personnelle de s’imprégner de cette influence.
À l’inverse des russes, il n’a qu’un recours minimal à la machine qui selon lui laisse le métal sans vie et emploie ici tous ses talents de dinandier pour le corps du vase. La technique consiste à monter une pièce à partir d’une feuille de métal plat refermée sur elle-même, sans découpe d’aucune sorte, ni soudure ni rajout. La feuille est alors placée dans un billot de buis creux puis emboutie à l’aide d’un maillet par l’intérieur, jusqu’à lui donner la forme d’un bol. Puis cette forme est ensuite retournée et placée sur une potence pour être travaillée par petites frappes successives sur les parois extérieures et refermer le col progressivement. Le métal est régulièrement chauffé à rouge au fil de l’étape, chaque fois que nécessaire pour lui redonner son élasticité. Une fois la forme désirée obtenue, on atténue ou on accentue le modelé de la surface par l’opération dite de planage, selon l’effet décoratif voulu. Les anneaux découpés sont enfin soudés au corps du vase. On procède enfin à l’application d’une couche de laque, qu’il faudra encore cuire au four.
Véritable prouesse technique et éloge d’un savoir-faire parfaitement maîtrisé, la ligne très épurée de ce vase en fait un objet intemporel, tout aussi emblématique de son époque qu’éminemment contemporain.
À ce jour, on connaît seulement moins d’une dizaine de ces fameux vases à ailettes.
It was in 1928 at the Salon des Tuileries that Jean Dunand first presented a 'winged' vase. The work, consisting of a vase truncated by a diagonally affixed disc, caused a sensation at the time and was hailed in particular by the art critic Yvanhoé Rambosson, who saw in its rings a reference to Saturn.
Reminiscent of the neck rings that Dunand had created a year earlier, these wings only began to appear in his work from the early 1920s, as the ultimate culmination of the geometrisation of his designs: the squares, triangles and circles, once in lacquer or eggshell, escape the very walls of the vase here to become a three-dimensional abstraction. The decorations on the lacquer, which had in fact become superfluous, disappeared completely in favour of the simple metal rings now marking out his work.
While the Constructivism developed by Gabo and Tatline was establishing itself in parallel from the 1910s - advocating a restricted colour palette and pure lines transformed by technical mastery, as in Pevsner's Mask made of inscribed circles (1923) - Jean Dunand, impossible to pigeonhole, here again absorbed this influence in his own unique way.
Unlike the Russians, he made only minimal use of the machine which, in his opinion, left the metal lifeless, using instead here all his skills as a dinandier for the body of the vase. The technique consists in mounting a piece from a sheet of flat metal closed on itself, without cutting it in any way, soldering, or adding pieces together. The sheet is then placed in a block of hollow boxwood and stamped with a mallet from the inside to give it the shape of a bowl. This shape is then turned over and placed on a bracket to be worked by small successive strikes on the outer walls, closing the neck gradually. During this process, the metal is regularly heated to red-hot whenever necessary to restore its elasticity. Once the desired shape has been obtained, the so-called levelling operation attenuates or accentuates the surface moulding and pattern according to the decorative effect desired. After that the cut rings are welded to the body of the vase. Finally, a layer of lacquer is applied, which still needs to be baked in the kiln.