拍品專文
La délicatesse des anses reliées par des guirlandes à la frise ajourée et le modelé particulièrement naturaliste de l’ananas en bronze sont à relier au nom de Pierre Gouthière (1732-1813), doreur et ciseleur des deux derniers rois de l’Ancien Régime à la virtuosité remarquable. Par ailleurs, son habileté à magnifier les matériaux les plus précieux, à l’instar du cristal de roche du présent vase, ne fait que renforcer cette attribution.
Formé successivement par le doreur François Ceriset et François-Thomas Germain à la dorure et ciselure sur or et argent, Pierre Gouthière perfectionne la technique de bronze pour la porter à son apogée du traitement naturaliste qu’affectionne tout particulièrement une clientèle puissante et riche. Gouthière, d’autant plus depuis les incroyables études et expositions dont il a fait l’objet en 2017 conjointement à Paris (musée des Arts Décoratifs), Londres (Wallace Collection) et à New York (Frick Collection) rejoint Boulle, Cressent, Riesener au Panthéon des arts décoratifs du XVIIIe siècle.
L’activité de Gouthière est particulièrement prolifique et ce, jusqu’à la Révolution. Figure incontournable de son époque, Ledoux pour Louveciennes, Bélanger pour Bagatelle font appel à son savoir-faire inégalé pour les demeures respectives de Madame Du Barry et du comte d’Artois – dont il est le ciseleur-doreur à partir de 1775. Citons par ailleurs d’autres chantiers contemporains incontournables auxquels Gouthière participe et quelques pièces célèbres qui y sont rattachées :
le salon parisien de la duchesse Mazarin pour lequel il exécute une spectaculaire paire d’appliques en carquois en bronze doré et patiné à cinq bras de lumière (musée du Louvre, inv. OA 11995-96) simulant des branchages fleuris d’une troublante vitalité ;
le boudoir turc de Marie-Antoinette à Fontainebleau (1772-1777) : Gouthière livre notamment une paire de chenets aux dromadaires (musée du Louvre, inv. 5260), modèle qui connaîtra un grand succès ;
le duc d’Aumont pour qui il réalise de nombreuses montures exceptionnelles d’après les dessins de Bélanger de vases en pierres dures et porcelaines asiatiques à l’image de la cassolette en serpentine à têtes de bélier (musée du Louvre, inv. OA 5179) ou encore la monture, fruit d’une collaboration entre François Rémond pour la fonte et Gouthière pour la ciselure et dorure d’une paire de vases en céladon (musée du Louvre, inv. OA 5514) ;
ou encore pour le banquier genevois Georges-Tobie de Thélusson.
Soulignons enfin que la renommée de Gouthière était si grande que son nom, au contraire de ses éminents paires, figurait au catalogue des ventes aux enchères.
Formé successivement par le doreur François Ceriset et François-Thomas Germain à la dorure et ciselure sur or et argent, Pierre Gouthière perfectionne la technique de bronze pour la porter à son apogée du traitement naturaliste qu’affectionne tout particulièrement une clientèle puissante et riche. Gouthière, d’autant plus depuis les incroyables études et expositions dont il a fait l’objet en 2017 conjointement à Paris (musée des Arts Décoratifs), Londres (Wallace Collection) et à New York (Frick Collection) rejoint Boulle, Cressent, Riesener au Panthéon des arts décoratifs du XVIIIe siècle.
L’activité de Gouthière est particulièrement prolifique et ce, jusqu’à la Révolution. Figure incontournable de son époque, Ledoux pour Louveciennes, Bélanger pour Bagatelle font appel à son savoir-faire inégalé pour les demeures respectives de Madame Du Barry et du comte d’Artois – dont il est le ciseleur-doreur à partir de 1775. Citons par ailleurs d’autres chantiers contemporains incontournables auxquels Gouthière participe et quelques pièces célèbres qui y sont rattachées :
le salon parisien de la duchesse Mazarin pour lequel il exécute une spectaculaire paire d’appliques en carquois en bronze doré et patiné à cinq bras de lumière (musée du Louvre, inv. OA 11995-96) simulant des branchages fleuris d’une troublante vitalité ;
le boudoir turc de Marie-Antoinette à Fontainebleau (1772-1777) : Gouthière livre notamment une paire de chenets aux dromadaires (musée du Louvre, inv. 5260), modèle qui connaîtra un grand succès ;
le duc d’Aumont pour qui il réalise de nombreuses montures exceptionnelles d’après les dessins de Bélanger de vases en pierres dures et porcelaines asiatiques à l’image de la cassolette en serpentine à têtes de bélier (musée du Louvre, inv. OA 5179) ou encore la monture, fruit d’une collaboration entre François Rémond pour la fonte et Gouthière pour la ciselure et dorure d’une paire de vases en céladon (musée du Louvre, inv. OA 5514) ;
ou encore pour le banquier genevois Georges-Tobie de Thélusson.
Soulignons enfin que la renommée de Gouthière était si grande que son nom, au contraire de ses éminents paires, figurait au catalogue des ventes aux enchères.